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Les débuts de la cétologie

C'est parce que l'on a commencé à s'interroger sur l'incidence des captures de cétacés sur l'équilibre du monde marin, que la cétologie (étude des cétacés) a pris son essor.

En 1973, le gouvernement canadien, s'intéressant à la capture des orques sur ses côtes, a commandé une première étude sur la distribution et l'abondance de ces animaux au large de la Colombie Britannique. Le but de ce projet était de savoir si les orques risquaient de devenir une espèce menacée à cause de son unique prédateur : l'homme. 

Ce qui a débuté comme une mission scientifique anodine a révolutionné le monde de la recherche sur les baleines 35 ans plus tard. Les deux biologistes précurseurs de ce courant, BIGG et MacASKIE ont, depuis, été relayés par bon nombre de scientifiques.

Les études les plus importantes qui sont nées de leur travail concernent les populations d'orques dans le monde, leurs structures sociales, leurs dialectes et leur communication.

L'étude de la communication chez les orques

Une des figures emblématiques de la recherche sur les orques reste certainement le Docteur John FORD, de l'aquarium de Vancouver.

Depuis les années 70, il étudie les orques en milieu naturel tout en complétant sa recherche avec les cétacés et les moyens dont il dispose à l'aquarium. Son travail concerne la communication des orques de la côte de la Colombie Britannique. Il enregistre leurs cris et a analysé tout ce que nous savons à l'heure actuelle sur leurs dialectes et leur communication.

Parc marin et milieu naturel sont deux facettes indispensables et complémentaires d'une même étude.

John FORD n'envisage pas son travail sans se servir de ces deux formidables "matières" de recherche que sont le milieu naturel et les parcs marins.

Les études en bassin ou en aquarium permettent aux chercheurs de compléter, d'approfondir leur connaissance des populations sauvages. Certains sujets sont tout simplement impossibles à étudier en milieu naturel. L'observation des animaux des parcs permet d'appréhender un éventail très large de comportements.

Grâce à la coopération active qui existe entre les animaux et les soigneurs et/ou les chercheurs, on a pu étudier avec précision la fonction du sonar par exemple. En mer, les tests, l'apprentissage (et donc la participation volontaire des animaux) et l'observation derrière des vitres sous-marines n'existent pas.

En 45 ans, tous ces différents moyens d'étude associés ont permis de faire des progrès considérables dans la connaissance des orques.

Les objectifs scientifiques d'aujourd'hui

L'intérêt actuel de cette recherche n'est pas seulement de satisfaire une curiosité intellectuelle. Il s'agit de trouver les moyens de freiner, d'arrêter ou même d'anticiper les dommages que nous causons aux animaux et à leur habitat.

Connaissant mieux les cétacés, le grand public prend conscience de la nécessité de les protéger.

Dans un avenir proche, les scientifiques seront capables de suivre les migrations des orques par satellites, et de retrouver les liens de parenté grâce à la carte génétique de chaque individu.

La haute technologie (comme l'imagerie médicale) est déjà perfectionnée dans les parcs en l'adaptant à un nouveau champ d'application : celui des animaux (comme les échographies) et du monde marin (comme les micros sous-marins ou hydrophones pour enregistrer les vocalises des cétacés).

Ce sont pour toutes ces raisons que milieu naturel et parcs marins ont encore un long avenir en commun.

Dans cette optique, le CRC, rebaptisé Centre de Recherche pour la Conservation en 2010, souhaite équilibrer la recherche entre le milieu naturel (in-situ) et Marineland (ex-situ), la grande diversité des espèces marines abritées au sein du parc étant une exceptionnelle source d'étude pour les spécialistes. Les études portent dorénavant sur les cétacés, mais aussi sur les autres mammifères marins, les poissons (dont les requins), les tortues marines ou les oiseaux comme les manchots.